Chapitre 56
Son visage resta figer d’effroi et ses yeux devinrent brillants. Il ne comprenait pas ce qui venait de se passer. Il avait toujours son arme dans la main mais … ce n’était pas lui qui avait tiré. Il n’en avait pas eu le temps. Danny relâcha son bras, desserra ses doigts et laissa l’arme glisser nonchalamment hors de sa main. En face de lui, le t-shirt de son ennemi se para d’une tâche rougeâtre. Sanchez s’écroula soudain lourdement sur le sol, atteint d’une balle en pleine poitrine. Incrédule, Danny l’observa s’effondrer devant lui. Une agitation sur sa gauche attira subitement son attention. Il vit alors, dans le flou qui l’entourait, Don et Jack, armes aux poings, se précipiter vers le corps de Sanchez. Don écarta rapidement le révolver du tueur avec son pied tandis que Jack se pencha sur lui pour vérifier ses constantes vitales. Danny fut comme paralysé durant un instant. Mais que faisaient-ils tous les deux ici ? Complètement choqué et abasourdi, il ne semblait toujours pas réaliser ce qui venait de se passer. Il déglutit et ses yeux s’emplirent un peu plus de larmes.
Danny, la voix muée par l’épuisement et par l’émotion : Il … il est mort ?
Jack soupira puis tourna la tête vers Danny. Il fut surpris de constater l’état pitoyable dans lequel l’avait mis Sanchez. Il releva les yeux et croisa son regard. Un regard perdu et empli de larmes qui le suppliait de lui confirmer ses propos.
Jack, avec sollicitude : Oui.
Ce « oui » résonna dans la tête et le cœur de Danny comme une véritable délivrance. Le regard hagard, il se sentit alors submergé par toute la peine, la souffrance et la fatigue qu’il refoulait depuis bien trop longtemps. Sans aucune retenue, il éclata subitement en de longs sanglots déchirants. Ses jambes ne pouvant plus le porter, Danny s’effondra brutalement sur ses genoux et continua à sangloter sur le sol.
Don accourut aussitôt vers son ami, s’agenouilla à ses côtés et le serra dans ses bras. Danny se blottit alors contre lui et se laissa bercer par cette douce étreinte qui le réconfortait. Il n’avait jamais autant éprouvé le besoin de ne pas se sentir seul qu’à cet instant. Le jeune lieutenant ne put retenir bien longtemps ses larmes face à l’immense et effroyable chagrin qui avait foudroyé son ami. Jamais il ne l’avait vu dans un tel état. Sa plainte était si douloureuse et si profonde qu’il en eut le cœur complètement retourné.
Don, des larmes coulant sur ses joues, le serrant dans ses bras : C’est fini Danny. C’est fini….. Il te ne fera plus mal. Tu m’entends ! Il ne te fera plus de mal.
Danny, pleurant et s’accrochant à la veste de Don : Il est mort ? T’es sûr ? Il est vraiment mort ?
Don, d’une voix rassurante : Oui, c’est sûr. Y a aucun doute.
Oui, c’était fini. Mais Danny ne pouvait s’arrêter de pleurer. Trop d’événements tragiques s’étaient produits dans sa vie ces derniers temps, trop de souffrance s’était accumulée dans son cœur à cause de cet immonde être qui gisait maintenant, inerte, sur le sol. Comment allait-il faire pour surmonter tout ce qui s’était passé ? Pour supporter le poids de sa culpabilité ?
Sanchez lui avait tout pris ! Il avait ruiné sa vie en détruisant ceux qu’il aimait ! Son frère, Cécilia et puis Lindsay. Alors oui, il était mort. Mais les dégâts qu’il avait causés étaient irréversibles. Le mal était fait, les vies détruites, bouleversées ou brisées à tout jamais ! Il lui avait volé son amour et son avenir, l’espoir de trouver le bonheur auprès de la femme dont il était amoureux. Comment Lindsay pourrait-elle lui pardonner un jour l’enfer qu’elle avait vécu ?
Jack fut stupéfait et profondément touché par cette réaction à laquelle il ne s’attendait pas. Il s’était trompé. Danny n’était pas l’homme égoïste au bras vengeur qu’il pensait. Il n’avait pas tué Sanchez malgré tout le mal qu’il lui avait fait. Il n’était finalement qu’une victime tout comme Lindsay. Jack s’approcha des deux hommes et enleva sa surchemise. Il en déchira un morceau qu’il roula en boule pour en faire une compresse et s’agenouilla à son tour à leur côté.
Jack, inquiet, à Don : Il faut comprimer sa blessure. Il perd beaucoup de sang.
Don, inquiet : Oui, t’as raison. (Lui frottant le dos avec douceur) Danny ….. Danny calme toi. Faut qu’on te soigne. Tu perds beaucoup de sang.
Danny commença alors à se calmer. Ses sanglots se muèrent en de légers gémissements plaintifs. Il renifla et se frotta les yeux tandis qu’il s’adossa sur le torse de Don pour que Jack puisse regarder sa blessure. Ses yeux étaient rougis et son visage baigné de larmes et de sang.
Jack : Blessure par balle ?
Danny, la voix éraillée par la douleur et les sanglots : Non, cet enfoiré m’a poignardé !
Jack appliqua alors la compresse de fortune sur la plaie pour stopper l’hémorragie. Danny poussa un râle de douleur qu’il tenta aussitôt de réprimer en serrant les dents. Il jeta un œil sur Jack.
Danny, d’une voix épuisée, serrant les dents : ça te fait plaisir hein !
Jack, souriant amicalement : Oui, c’est clair que là, je prends mon pied !
Don, souriant : Ecoutez les gars, si je vous dérange, je dégage !
Les trois hommes se mirent à rire doucement.
C’est alors qu’arrivèrent, armes à la main, Mac et Sheldon. Ceux-ci, qui s’occupaient de chercher Danny au rez-de–chaussée, s’étaient précipités à l’étage à l’entente des coups de feu. Ils furent à la fois soulagé de voir Danny en vie mais inquiet de constater que Sanchez était mort et surtout que Danny était bien mal en point. Jack se releva pour laisser sa place à Sheldon auprès du jeune blessé.
Danny, plissant les yeux : Doc ? Tu devrais pas être ici ! T’es pas en état !
Sheldon, souriant : Et bien mon vieux, excuse moi de te le dire mais je crois que je le suis davantage que toi. Allez, je te promets de t’accompagner à l’hosto et de refaire un bilan … . Pour l’instant laisse-moi jeter un œil à ton épaule ok ?
Danny sourit et acquiesça. Sheldon commença alors à examiner sa blessure.
Mac, rengainant son arme, inquiet, regardant le corps de Sanchez : Qu’est-ce qui s’est passé ?
Don releva la tête vers le chef de la scientifique.
Don : J’ai pas eu le choix Mac. Ce salop allait le tuer !
Jack : C’est la vérité. Quand on est arrivé, Sanchez s’apprêtait à tirer. Ça s’est passé très vite, il nous a vus mais c’est pas pour ça qu’il a baissé son arme le salopard ! Il était déterminé à descendre Messer. Flack a tout simplement réagi plus vite que lui … et il a eu raison.
Mac : Vous avez tiré vous aussi ?
Jack : Non. Le deuxième coup de feu a été tiré par Sanchez. La balle a loupé Messer et s’est logé dans un meuble. Et puis après, il s’est aussitôt effondré.
Danny, faiblement : J’ai eu de la chance alors.
Jack, baissant les yeux vers lui : Ouais, on peut le dire.
Mac s’accroupit aux côtés de Danny posant sur lui un regard plein d’affliction avant de questionner Sheldon.
Mac : C’est grave ?
Sheldon : Danny, tu peux essayer de serrer ta main gauche et de plier légèrement le bras.
Danny soupira puis s’exécuta lentement en grimaçant de douleur mais il parvint à remuer sa main et son bras.
Sheldon : C’est bon, merci. … Non, ça n’a pas l’air trop grave. Ni les nerfs, ni l’artère sous-clavière n’ont été touché. C’est une blessure douloureuse et impressionnante mais elle devrait guérir rapidement.
Danny, souriant mais la voix toujours faible : Ah ben tant mieux, je serais pas obligé de passer des semaines à l’hosto ! (tournant et relevant la tête pour essayer de regarder son ami) … Don, je suis désolé pour … le coup de l’ascenseur.
Don, le charriant, souriant : T’inquiète, tu perds rien pour attendre !
Danny, regardant Mac : Mais au fait, comment vous m’avez retrouvé ?
Mac : Louie.
Danny fut surpris et ému par cette réponse.
Danny, stupéfait : Il, …, il s’est souvenu de ça ?
Mac : Oui. Il s’en est souvenu.
Danny baissa la tête, soupira et ferma les yeux desquels s’échappèrent à nouveau quelques larmes. Il rouvrit les yeux mais ne releva pas son regard.
Danny, pleurant légèrement : Mac, je voulais vous dire que…
Mac, posant sa main sur son bras et le lui serrant : On reparlera de tout ça plus tard Danny.
Danny acquiesça d’un signe de tête puis ferma à nouveau les yeux. Mais cette fois-ci Don sentit son corps se relâcher totalement dans ses bras et cela le paniqua.
Don, très inquiet : Sheld ! Qu’est-ce qui lui arrive ?
Sheldon se saisit aussitôt du poignet de Danny pour prendre son pouls et vérifia le rythme de sa respiration.
Sheldon : C’est rien. Il a juste perdu connaissance. C’est normal après tout ce que son corps a souffert. (Don le regardant une lueur d’inquiétude dans les yeux) Je t’assure que c’est rien de grave !
Don, rassuré : ok.
Des sirènes se firent entendre au dehors.
Mac : Voilà les renforts et les secours. Je vais aller à leur rencontre. Vous me donnez votre arme Don ?
Don acquiesça et tendit aussitôt son arme à Mac.
Peu de temps après, la bibliothèque fut secouée de l’agitation qui régit habituellement les scènes de crime. Les urgentistes se hâtèrent au chevet de Danny, inconscient, et Don dut se résigner à reposer son ami délicatement sur le sol afin de les laisser s’occuper de lui. Hawkes leur rendit compte de ses premières constations et les secouristes, après examen du blessé, vinrent s’aligner sur son diagnostique.
L’équipe scientifique se mit, elle aussi, presqu’immédiatement à pied d’œuvre. Ils commencèrent à relever les empreintes, emportèrent l’appareil ayant émis l’enregistrement cruel du viol et mirent sous sachet les deux armes à feu de Sanchez ainsi que le couteau maculé du sang de Danny. Don regarda cette arme blanche puis le corps du monstre avec répugnance et amertume. Son ami venait de vivre un véritable cauchemar dans cette bibliothèque. S’ils n’étaient pas arrivés à temps … s’ils étaient arrivés quelques minutes, voir même quelques secondes plus tard, les légistes seraient en train d’enfermer dans un sac noir son cadavre tout comme ils s’affairaient à emballer celui de Sanchez. Don soupira puis regarda à nouveau son ami qui était à présent sur une civière, entouré de perfusions. Il sourit. Danny était peut-être mal en point physiquement et psychologiquement mais il allait s’en remettre. Il en était persuadé. Et dans son jeu macabre, cette fois-ci, Sanchez avait définitivement perdu.
Au dehors, un véhicule arriva à vive allure au milieu de tous ceux qui étaient déjà sur place. Il en descendit deux jeunes femmes qui se précipitèrent, inquiètes, vers l’entrée du bâtiment. Avant qu’elles n’aient eu le temps de l’atteindre elles virent en sortir successivement deux civières. L’une entraînée par les secouristes, la seconde par les légistes. Lindsay et Stella se figèrent sur place et leur sang se glaça. Elles étaient encore trop loin pour distinguer le visage de celui qui était emmené vers l’ambulance. Qui était blessé et qui était mort ? La vue de Lindsay se brouilla de larmes à la seule pensée que celui qui était enfermé dans le grand sac noir puisse être Danny. Puis elle vit Don et Sheldon se lancer à la suite de la civière du blessé et comprit que celui qui y était allongé était le jeune expert. Elle ferma les yeux et poussa un profond soupir de soulagement. Puis une autre interrogation vint subitement la frapper. Comment allait-il ? Etait-il grièvement blessé ? Elle se rua donc avec Stella vers l’arrière de l' ambulance. Quand elle vit Danny blessé à la tête, à l’épaule et inconscient, le cœur de Lindsay manqua subitement un battement.
Lindsay, arrivant en courant : Oh mon dieu, Danny !
Stella, inquiète : Comment va-t-il Sheldon ?
Sheldon se dirigea aussitôt vers elles pour les rassurer.
Sheldon : Ne vous inquiétez pas. Ses blessures ne sont pas trop graves. Il va très vite aller mieux.
Les deux jeunes femmes furent soulagées, se sentant soudain libérées d’un poids. Lindsay tendit sa main vers celle de Danny pour la lui serrer tendrement mais elle n’en eut pas la possibilité, les urgentistes se chargeant rapidement de soulever la civière afin de l’installer à bord de l’ambulance. Elle replia ses doigts en ramenant sa main le long de son corps et baissa les yeux tristement.
Sheldon : Je l’accompagne à l’hôpital.
Stella : Ok. On te rejoint là bas très vite.
Hawkes acquiesça puis monta dans l’ambulance dont les portes se refermèrent derrière lui. Lindsay, Stella et Don, soucieux, regardèrent celle-ci s’éloigner rapidement, sirène hurlante et gyrophare tournoyant.
Stella : Où est Mac ?
Don : A l’intérieur du bâtiment je crois.
Stella : Je vais le rejoindre.
Lindsay : Vas y Stella. Je t’attends. Je préfère rester dehors.
Stella, lui souriant : Ok.
Lindsay répondit à son sourire avant que Stella ne la laisse pour disparaître à l’intérieur du bâtiment. En balayant les lieux du regard, la jeune femme croisa à nouveau la vue du grand sac noir dont s’occupaient les légistes et Jack. Elle fixa alors si intensément ce corps emballé que Don finit par s’en apercevoir et par s’en inquiéter.
Don : Linds, ça va ?
Sans accorder la moindre réponse au jeune lieutenant, Lindsay se dirigea d’un pas déterminé vers le cadavre de Sanchez. Inquiet, Don se précipita à sa suite. La jeune femme s’arrêta face au sac noir et le fixa obsessionnellement de ses yeux brillants. Jack, qui se trouvait de l’autre côté de la civière, s’aperçut vite de sa présence. Il soupira et la regarda, le cœur empli de peine, sans trop savoir que dire.
Lindsay, sans lever le regard vers Jack : C’est Sanchez ?
Jack, tristement : Oui.
Lindsay, un sanglot dans la voix : C’est Danny qui l’a …..
Redoutant cet état de fait, elle ne put terminer sa phrase. Jack le fit pour elle en lui répondant avec sollicitude.
Jack : Non, ce n’est pas lui qui l’a tué.
Lindsay releva alors ses yeux emplis de larmes vers Jack.
Jack : Il n’a voulu que l’arrêter Lindsay. Vous aviez raison. Je me trompais à son sujet.
Don : C’est moi Linds, c’est moi qui ai tiré.
Lindsay, fixant Jack dans les yeux, des sanglots dans la voix : Je veux le voir !
Jack, les yeux brillants face à la souffrance de la jeune femme : Je ne suis pas sûr que ce soit …
Lindsay, insistant davantage : Je veux le voir !
Jack serra les lèvres, déglutit puis jeta un œil sur Don et qui lui fit signe d’accéder à sa demande.
Jack, presqu’à voix basse : D’accord.
Il dé zippa alors la fermeture éclair du sac et laissa apparaître le visage du monstre. Jack porta ensuite un regard inquiet sur Lindsay.
Celle-ci fixa un instant intensément son violeur le regard traversé par la haine et la colère. Mais, les souvenirs douloureux de son viol revenant la frapper subitement, elle ne fut pas longtemps à se laisser assaillir par des sanglots déchirants. Jack referma aussitôt le sac tandis que Don, extrêmement touché par la souffrance de sa jeune amie, s’approcha d’elle et la prit dans ses bras . Il caressa son dos pour la réconforter avant de prononcer les mêmes paroles qu’il avait dites à Danny.
Don : C’est fini. Il ne te fera plus jamais de mal Linds.
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Merciiiiiii WAT pour la sublime ban et Idu pour le sublime ava !!!!